14 & 15 avril 2022 - Jeudi Saint et Vendredi Saint

Méditation pour le Jeudi Saint – 14 avril 2022

Chers Amis,

Le Jeudi Saint, c’est le jour de la Dernière Cène, le dernier repas de Jésus avec ses disciples. Pourquoi l’Église lui donne-t-elle un tel lustre ? La réponse n’est pas simple, parce que la liturgie combine les récits des évangiles, qui parlent tous de la même Cène mais ne racontent pas... la même scène ! Pas d’affolement : prendre les Écritures au sérieux, ce n’est pas mettre leur singularité en question, c’est – pour le croyant – se demander en quoi leurs différences sont significatives.

Si on vous interrogeait sur ce qui est célébré ce jour-là, la plupart d’entre vous répondraient que c’est la transformation par le prêtre du pain et de vin dans le corps et le sang du Christ, et leur partage dans la communion. Ce centrage sur l’acte du prêtre couvre-t-il bien le sens de l’Eucharistie – alors qu’il n’y aucun cléricalisme dans l’Évangile ? L’Église proclame elle-même le « sacerdoce universel du peuple de Dieu » et voit dans l’eucharistie « le sacrement qui fait Église ».

N’est-il pas curieux, dès lors, d’avoir fait du jeudi-saint la fête des prêtres, alors que nous fêterons bientôt, le 9 juin, la fête du pain et du vin de l’eucharistie ? Les jeudi et vendredi saint, n’est-ce pas le don de Jésus qui est au centre ? Et avec nous lorsque nous communions ?

Dans le premier texte disponible, une épitre de Paul (1Co 11, 23-26), et dans un seul évangile, celui de Luc (Lc 22, 15-20), nous trouvons la phrase que répète le prêtre à la consécration : « vous ferez ceci en mémoire de moi ». “Ceciˮ, ce n’est évidemment pas le geste lui-même, qui fait signe : ce qui compte est ce que le geste signifie. Or, St Jean, lui, mentionne aussi la Dernière Cène mais il n’y parle pas du pain et du vin. Chez Jean, Jésus lave les pieds de ses disciples, et dit « c'est un exemple que je vous ai donné, pour que vous fassiez, vous aussi comme moi j'ai fait pour vous. » (Jn 13, 15) Cela ne “sonneˮ-t-il pas comme la phrase de Paul et Luc : « Vous ferez ceci en mémoire de moi » ? Les deux se rejoignent dans un même appel à nous donner, dans le sacrifice comme Jésus dans sa Passion ou dans le service comme Jésus avec ses disciples.

Vatican II définit l’Église comme sacrement, signe efficace de Jésus Christ dans le monde. Conclusion : ce n’est pas la consécration, c’est la communion qui fait sacrement, c’est la communion qui compte. Même si l’Ordinaire de la messe l’ignore, notre place est dans le service, dans l’ensemble de nos vies, et la communion est le geste symbolique qui exprime notre souci de nous unir en Église pour recharger nos batteries. Ces deux plats font un bon menu : bon festin !

Méditation pour le Vendredi Saint – 15 avril 2022

 

Chers Amis,

Le Vendredi Saint, nous commémorons la Passion et la crucifixion de Jésus, sa mort et son inhumation. C’est donc un jour de douleur : nos églises se parent de noir et de violet. Non qu’on ignore la joie de Pâques qui va suivre, mais nous communions au sacrifice de Jésus pour que, au travers de son exemple humain, Dieu reconnaisse aujourd’hui encore notre dignité à ses yeux. Dignes de son salut dans sa Nouvelle Alliance, bien sûr – mais si nous le savons, que signifie encore le deuil affiché le vendredi ?

J’ose répondre que nous nous péchons par omission. La Passion de Jésus et sa reconnaissance par Dieu signifient quelque chose de central et de positif : rien moins que l’acceptation par Dieu de notre foi dans sa promesse. Nous n’y avons aucun mérite – et Dieu ne nous en demande pas : seulement d’être conscients de notre état de pêcheurs, et de nous en repentir. Mais l’exemple du don absolu de Jésus et son acceptation par Dieu signifient notre justification devant Lui ! Plutôt qu’un jour de deuil et de désolation, le Vendredi saint devrait être la fête de cette justification ! C’est une espérance que nous cultivons en dépit de toutes nos imperfections : nous ne le mériterons pas, mais Dieu nous accueillera.

Ce n’est pas nouveau, puisque Dieu est plus grand que notre péché. Venez et discutons ensemble, dit YHWH : « si vos péchés sont comme l’écarlate, ils deviendront blancs comme la neige et s’ils sont rouges comme la pourpre, ils deviendront blancs comme la laine. » (Isaïe 1, 18) – « J’ai effacé tes transgressions comme une image, et tes péchés comme une nuée : reviens à moi, car je t’ai racheté. » (Isaïe 44, 22 ) –
« Repentez-vous donc et convertissez-vous pour que soient effacés vos péchés. » (Actes 3, 19)

Alors, commémorer le deuil des disciples, oui – pour que l’histoire soit complète. Mais en oubliant le pardon, la justification, et le salut – non ! Que ces épisodes nous soient rappelés dès le lendemain, samedi saint, ne me console pas de ce manquement.

Paul Löwenthal - Piétrebais

 

 

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Dimanche soir
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